GHOURRI ART : LES BASES D’UN CHOIX
- LES SUPPORTS :
Comme tout artistes, j’ai mes influences et mes sources d’inspirations. Je suis donc imprégné par les mouvements et groupes artistiques suivant :
- Aouchem (Mouvement artistique Algérien),
- Le Symbolisme,
- Les Nabis,
- L’Abstraction Géométrique,
- Le Minimalisme,
- Arte Povera,
- Support/Surface,
- Et Néo Géo
- Ainsi que divers peintres et plasticiens, notamment Yves KLEIN, et Gustave KLIMT.
La première base de mon choix est le support.
Partant des influences du Mouvement Aouchem, qui comme le dit si bien Françoise LIASSINE dans « Mesli L’Africain » je cite : « … il (Aouchem) a libéré, également, le rapport aux supports de la représentation…En se situant du côté de cette « nappe de sens brut » qu’est l’art préhistorique ou l’art « populaire », Aouchem autorise le jeu avec n’importe quel matériau… » « …car il (Aouchem) provoque un « bougé » dans l’histoire de l’art… »
J’ai fais le choix d’expérimenter ces matériaux traditionnels, en posant pour base première que ces matériaux sont les vestiges de notre art préhistorique (comme le Tadjine, la Ghassâa etc.).
Mais également en ambitionnant d’aller plus loin que le signe des Aouchem et d’en faire de ses supports un des piliers de mon art.
C’est donc en poursuivant mon processus d’évolution que j’ai aboutis à mon choix, à savoir l’adoption de l’ANTENNE PARABOLIQUE (connu chez nous par Ghassâa parabole) comme mon support favoris.
En creusant encore plus mes recherches, j’ai trouvé d’autres sources, comme celle de ARTE POVERA, et son utilisation de produits pauvres et matériaux ordinaires, celle de SUPPORT/SURFACE aussi et son aversion pour la toile et le châssis avec la célèbre phrase de Claude VIALLAT.
Plus récemment, j’ai subis l’influence du groupe NEO GEO, utilisant lui aussi les objets ordinaires.
Ainsi, j’ai fais de mon support ; l’Antenne Parabolique une sorte de marque de fabrique ; en tout cas c’est devenu mon emblème, car d’après mes recherches personne n’a utiliser, du moins adopter ce support à la place de la toile. Je suis donc le premier et le seul à le faire.
Je défends ainsi, ma parabole comme un support chargé de symboles en remplacement de la fameuse phrase de Léon Batista ALBERTI, décrivant la toile comme une fenêtre sur le Monde. Moi, je lui réponds, la parabole (Antenne Parabolique) c’est de nos jours « l’œil comme Parabole du Monde Binaire » ou nous vivons.
Car elle est pour moi, le résultat de l’évolution de ma démarche, allant de la Préhistoire à l’Ere Binaire ou nous sommes. Elle est également la parabole de notre Art d’aujourd’hui, la parabole de notre consommation effréné d’images, de sons, de vidéos, de communications, de relation via les satellites et les antennes de toutes sortes ; de la Globalisation/Mondialisation, voir Numérisation.
Enfin elle est la parabole des peuples « Haraga » qui sans quitter nos fauteuils, nous zappons et cliquons sur nos bidules pour rejoindre le Monde Binaire de l’autre côté de la planète.
Elle est l’œil qui nous regarde et a travers lequel nous regardons le Monde d’aujourd’hui.
B) LA « TRANSGRESSION PLASTIQUE »
Qu’est-ce que la Transgression Plastique ? Premièrement, c’est plutôt un acte qu’un choix, qui s’était imposé à moi.
Deuxièmement, voilà ce que j’avais écrit à son propre « La Transgression Plastique ; une opération qui consiste à me mettre en osmose avec les premiers gestes de nos ancêtres, mais aussi à désacraliser certains supports et en expérimenter la plasticité ».
Troisièmement, j’en ai fait de la « Transgression Plastique » un acte fondateur de mon art.
En quoi consiste-t-elle ? La Transgression Plastique est devenue une sorte de rite dans ma pratique de la peinture ; elle consiste à transgresser un ustensile sacré comme le Tadjine (plat ou nos ancêtres et nous même faisons cuire Le Pain), pour en faire un autre objet « sacré », a savoir une œuvre d’art.
Cette même opération de Désacralisation/Resacralisation est opérée pour ce qui est des antennes paraboliques (Ghassâa parabole).
Pour conclure, je dirais que La Transgression Plastique est l’acte rituel par lequel j’opère le passage d’un objet à une œuvre d’art.
C’est un acte magique et mystérieux, car il reste inexplicable !
C) LES FIGURES DE REPRESENTATIONS
- Les premiers tâtonnements :
D’influence Aouchem, mes premières figures de représentations étaient inspirées de la tapisserie du terroir de Berrouaghia ; comme la fameuse BETHRA.
Admirateur du Peintre Mandrian et des Minimalistes, j’ai opté pour une simplicité géométrique dés le départ de ma carrière.
Ainsi le triangle, la Bethra et quelques motifs comme le losange et la ligne brisée faisaient partie de la toute première série de Tableaux-Tadjines que j’avais fait (Cosmogonie de Ghourri).
Les bulles de B.D. aussi m’inspiraient beaucoup, j’en avais fait des premières séries d’œuvres, une sorte de bande dessinée préhistorique. Aujourd’hui, je ne les utilisent plus (je ne sais pas pourquoi).
1°) La BETHRA
Le signe de la Bethra qui signifie la graine, est un signe couramment employé sur les tapis et Hambels (Sortes de tapis pour couvrir les matelas) de la région.
Signe de fécondité de la Nature.
2°) Le TRIANGLE
Le Triangle rouge représente pour moi, mon Personnage Ghourri, mon autoportrait, et le signe de la chèvre symbole de l’Art Ghourri et par extension l’Art Préhistorique Algérien.
3°) Le SABLIER EN DOUBLE TRIANGLE
Il symbolise avec ses deux couleurs ; le triangle rouge de haut L’Homme Ghourri, et le triangle jaune de bas, La Femme Ghourri ; c’est la Fécondité Humaine.
4°) LE LOSANGE ESPACE/TEMPS
C’est une figure que j’ai créée de toute pièce. Elle représente la conception de la notion d’Espace/Temps que nos ancêtres avaient du Monde.
- Au-delà du Signe Aouchem:
En avançant dans mes expérimentations, mes réflexions et mes recherches, et dans le souci d’aller au-delà du Signe des Aouchem, je me suis essayé à diverses autres figures ; comme le Tiki ; j’ai expérimenté les figures des fractals, les labyrinthes mayas, etc. etc., un passage à mes yeux , fécond.
- Les Influences et les inspirations :
Ma démarche a gagnée plus d’assurance en subissant les influences et inspirations de l’Abstraction Géométrique, du Minimalisme et du Néo Géo.
- Le Choix :
Enfin, je me suis aperçu que depuis le tout début de mon art, j’utilisais des figures de représentations qui étaient, non seulement récurrentes, mais également donnent sens toujours à ma peinture actuelle.
C’étaient les mains ; que ce soit la Main Préhistorique ou la Main Hyperlien.
L’évolution de ma peinture m’emmène aujourd’hui – oui, je vais là ou m’emmène mes expérimentations et mes questionnements – vers la notion du « Binaire ».( L’Ere Binaire que nous vivons, avec Internet, et le monde de hyper communication)
Ce qui justifie mon choix, c’est que les deux mains forment, pour moi, cette notion de binaire.
J’adopte aussi, à côté de cela, les chiffres « O » et « 1 » (chiffres fétiches de cet Ere Binaire), sans pour autant laisser tomber les figures du Triangle, du Sablier en double Triangle et de la Bethra.
Voilà pour le choix de l’heure.
Demain, je ne sais pas encore, ou me fera échouer mon expérimentation artistique.
D) LES PERSONNAGES :
- GHOURRI
Ghourri est le premier personnage imaginaire que j’ai inventé. Comme je l’ai écrit dans le dernier manifeste « Ma démarche artistique m’emmène a imaginer un personnage préhistorique du nom de GHOURRI, afin d’exprimer le primitif qui est en nous.
Ghourri signifie à la fois « Le Primitif », « L’Authentique », mais également « La Chèvre ».
Par cette chèvre, je symbolise l’Art Ghourri. »
Je l’ai toujours représenté par un Triangle Rouge, (voir un Triangle), car ma peinture n’a jamais était figurative.
Mon choix était donc fait, dés le départ ; représenter Ghourri d’une manière abstraite.
A travers lui, j’ai raconté un certain nombre, de ce que j’ai appelé « Mythes Artistiques » ; des contes imaginaires sur des thèmes propres à notre terroir et à nos rites : comme « La fécondité » « La Notion d’Espace/Temps » « le Rite du Couscous »
« Le mythe de Yanayer » « du Voleur de Feu » etc., etc.
A côté de cela, j’ai peins ou produit de petites installations, sculptures etc., a travers lesquelles j’essayais de voir le Monde d’aujourd’hui, par les yeux du primitif Ghourri.
C’était comme l’a dit si bien Mamia Bretesche Ghaouel, « Le Temps Ghourri !» ; le temps ou je peignais sur des Tadjines et des Ghassâates.
- GHOURRI 21 (XXI)
Voilà qu’un jour en passant devant une antenne parabolique, j’ai eu le déclic d’une inspiration ; « Ghourri 21 » était né !
Un autre personnage, un autre support, d’autres idées et questionnements, sont nées avec lui.
Pour moi, Ghourri 21 est l’Homme Binaire d’aujourd’hui, avec toutes ses contradictions, ses travers, ses angoisses etc.
Il n’était plus questions de mythes du voleur de feu, mais de « Fukushima (Nucléaire) », du « NASDAQ », du « Langage Machine », « D’Internet Protocol « etc.
- LE BINAIRE
La combinaison des deux personnages s’était faites d’elle-même, petit à petit, jusqu’à aboutir à mes plus récentes expérimentations, sur le Monde Binaire.
Ghourri préhistorique et Ghourri XXIe Siècle sont devenues pour moi, les deux « bips » (on/off) (0/1) de l’Univers Binaire de l’informatique et de l’Internet, représentés sur un autre élément de communication qu’est la Parabole (Antenne Parabolique), comme support toile. De là, la boucle est bouclée.
Il reste pour moi a faire un « dernier » choix ; représenter les deux personnages à travers la combinaison de DEUX COULEURS (Je vous en parlerai au chapitre Couleurs), symbole à la fois des deux personnages et des deux bips de ce que j’ai appelé : L’ÈRE BINAIRE !
E ) LES SUJETS
a) Le Mythe Artistique:
Les deux sujets que j’avais choisis, dés le commencement de ma peinture, sont les mythes de la préhistoire et les mythes de nos jours (actuels).
Car dernière les mythes, qui sont de toutes époques - y compris la notre - je pense qu’il se cache la Condition Humain de vouloir donner Sens au Monde. Il (le mythe) est donc un excellent sujet artistique.
Pour moi, si je veux répondre à la question « Qu’est-ce que l’Art ? », il me faudrait utiliser à travers la peinture (c’est-à-dire l’Art), un langage du mythe, et ce afin d’essayer d’y trouver une réponse. Car le mythe se manifeste à travers un langage.
Cependant mon mythe à moi, n’est qu’esthétique et non pas réel ; il n’a aucun rôle social. Il est artistique.
C’est ce que j’ai appelé « Le Mythe Artistique ».
J’ai donc choisie pour cheminement ce concept qui se résume en cette phrase repère :
« Peindre, afin de créer à travers l’Art un Langage avec mon Mythe Artistique »
A l’instar du mouvement Aouchem et du Symbolisme, qui restent de lointains repères, je vais ainsi, utiliser le Mythe comme sujet de mon art.
b) La Conception de l’Espace/Temps :
Le second choix de sujet, était la vision ou conception par nos ancêtre du Temps et de l’Espace.
C’est ce que j’ai appelé la Conception Espace/Temps du Monde.
Il faut savoir que chaque peuple a la sienne propre.
Cette découverte, je la dois à quelques questionnements et recherches, au sein de ma région.
Nos Ancêtres concevaient ainsi, le Monde comme une « Femme Allongée » sur le dos et sur lesquels nous vivons. Cette Femme-Paysage sert aussi à la conception du Temps.
Ainsi pour eux, le Passé tombe du Ciel, sur le corps de cette Femme-Paysage qui se trouve dans le Présent. Quant au Futur, il est comme la graine qui germe, toujours a espéré (dans la surprise) au-dessous d’Elle.
Ce sujet vient s’ajouter à mon premier choix (Mythe Artistique).
c) Le Langage Binaire :
Enfin, dans mon cheminement, j’ai aboutis récemment à mon troisième choix : « Le Langage Binaire ».
L’apothéose de mon concept artistique s’assemble dans cette notion de binaire.
Ainsi, je cristallise, la notion de Couleurs, de Personnages, de Support et de Sujets dans cette notion de « Langage Binaire » ou « Ere Binaire », qui est pour moi Le Mythe actuel, par excellence, que nous vivons (Internet, Les jeux électroniques, la B.D., la publicité, les TIC etc etc, sont les pourvoyeurs du mythe binaire)
Mon choix est fixé sur le Mythe du Langage Binaire !
F) LES TECHNIQUES
« L’Art exclut le superflu, ce qui n’est pas nécessaire. ». Carl André.
Pour moi le superflu c’est la recherche coût que coût de la beauté, de l’esthétisme, d’un travail comme l’on dit bien léché.
Je ne cherche nullement cela, car je suis plutôt un expérimentateur libre, et révolté contre tout académisme, règles ou contraintes humaines.
J’assume donc mes choix :
Le premier, est une sorte d’imperfection intentionnelle ou pas, que j’assimile à la main maladroite de l’Homme que Je Suis ; imparfait, hésitant et qui n’est surtout pas un robot en cet Ere Binaire.
Afin de me différencier de l’automatisme ambiant d’aujourd’hui, je m’autorise ces imprécisions, ces imperfections et ces bavures.
C’est aussi, afin de me différencier de mon influence minimaliste et ne Néo Géo, qui sont trop rigoureux à mon sens.
Le second, c’est le choix d’un certain minimalisme, que j’affectionne. L’application d’un minimum de figures, de traits, de couleurs etc, dans ma peinture et mes travaux plastiques, reste pour moi l’essentiel.
Ainsi, la phrase de Mies Van der Rohe : « Less is more » reste le credo de ma vie toute entière, cependant, comme tout être humain, je suis contradictoire et je me révolte contre moi-même donc contre ce credo là.
J’ai fait mon troisième choix, en m’inspirant du Mouvement NABI. C’est-à-dire, user de la couleur pure, vive, sans mélanges aucun. Simplifier l’usage de la couleur et ne pas respecter les règles de l’harmonie.
J’ai toujours en tête cette phrase de Maurice Denis : « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».
Enfin, j’estime que Ghourri, l’Homme Préhistorique, s’exprime forcément avec des couleurs crues, sans mélange ; comme moi qui suis autodidacte, j’use de technique et méthode empiriques.
Pour moi, même si elle n’est plus d’usage aujourd’hui, l’Ignorance de l’artiste – donc de la mienne - reste une virginité fructueuse et créatrice à saluer.
G) LES COULEURS
- Les tâtonnements :
Ma première palette de couleurs était au début de mon travail une palette de tâtonnement. J’avais usé un peu de tout.
Cependant, trois couleurs se sont imposées à moi ; LE ROUGE, LE NOIR et LE JAUNE, et cela après une petite recherche. En examinant l’objet fétiche du terroir la Fouta Kabyle - c’est-à-dire une sorte de très grand foulard,ou plutôt entre le foulard et le voile blanc (Haik)- j’ai remarqué qu’elle était fait de rayures rouges, noirs et jaunes doré.
J’ai longtemps utilisé ces trois couleurs, en attendant pour moi, de trouver les miennes propres.
Sans pour autant m’arrêter d’expérimenter d’autres, notamment la couleur OR et la Couleur Argent.
- Le Bicolore (Bicolorisme)
Mon cheminement artistique a aboutit, il y a quelques temps, à l’apothéose - comme je l’ai déjà décris dans le chapitre des « Sujets » - de la cristallisation des supports, des sujets, des personnages et enfin des couleurs, dans la notion du BINAIRE.
Ainsi les supports comme les Antennes Paraboliques (Allégorie de l’Ere Binaire), des Sujets comme le Langage Binaire (O/1 – On/Off), des personnages c’est-à-dire Ghourri Préhistorique et Ghourri XXIe Siècle (ils sont aussi deux), et enfin des Couleurs Or et Argent, forment l’apothéose de ma peinture, que je nomme « La Peinture de l’Ere Binaire ».
J’ai choisis donc la double couleur OR et Argent, comme mes couleurs à moi. J’appel cela par un néologisme (car le mot n’existe pas) : LE BICOLORISME
Mon bicolorisme, ne vient pas par hasard ; il s’inspire et a des influences, d’abord chez les Aouchem ; notamment l’artiste Mahmoud-Choukri Mesli (qui utilise de plus en plus la peinture dorée), mais également Gustave Klimt, et son fameux cycle d’or.
Mais le peintre qui m’a le plus séduit par sa théorie sur cette couleur (or), reste bien entendu, celle d’Yves Klein.
Cependant, pour moi la couleur Or ne peut se passer de celle d’Argent ; c’est cette combinaison (Binaire) d’or et d’argent qui mène à la Lumière de la Vie et donc l’Eternité.
Enfin, pour paraphraser Klein*, je dirais « Moi, je cherche a travers ma peinture, a réaliser des combinaisons binaires des couleurs-métaux Or et Argent, afin d’imprégner mes tableaux (tableaux-paraboles) et leur donner L’Eternité ».
(*) La phrase d’Yves Klein : L’or, dit Klein, « imprègne le tableau et lui donne vie éternelle ».
H) LES MATIERES UTILISEES :
a) Pour les supports :
Pour les supports, comme les Aouchem, le Groupe Support/Surface, et le Néo Géo, j’ai opté pour utiliser divers matières, nobles ou pas, mais j’utilise surtout, comme vous en doutez les paraboles en métal.
b) Pour les peintures :
Mon choix pour les peintures est le suivant ; éviter le plus possible la peinture à l’huile, - je m’inscris contre la peinture à l’huile - pour n’utiliser que l’Acrylique.
Cependant, j’ai aussi opté pour la peinture en bombes, mais surtout je suis en quête de day-glo et les peintures phosphorescents et synthétiques d’aujourd’hui, car je suis influencé par les peintres du Néo Géo.
c) Pour d’autres matériaux :
Mes collages sont toujours inspirés par le Monde d’aujourd’hui. J’utilise ainsi, divers collages de matériaux informatique et électronique.
- LES TITRES
Donner un titre à son œuvre me semble, pour moi, très important. Comme je n’aime pas laisser mes tableaux sans noms, car j’ai horreur des « Sans Titre » passe partout, je m’efforce toujours d’en trouver un, même en les affabulant d’une simple lettre ou d’un chiffre.
Mon choix donc, c’est de donner un titre à mes œuvres, cela me rappel mon amour pour la littérature. Le titre est un phare éclairant les voyageurs des galeries.
Comme le dit si bien Antony Gormley : «…le nom lui donne une dimension ... comme une clé avec laquelle la perception et la réflexion vont commencer »
D’autant que pour moi, une œuvre est comme un être ; elle a sa vie propre, pourquoi ne reçois-t-elle pas un nom digne d’elle. Le titre fait partie de l’œuvre c’est indéniable.
Mon choix, depuis que je viens d’adopter le Bicolorisme etc., sera de titrer comme suit : un nom plus (+) un chiffre. Le chiffre, pour moi, sera comme une sorte de date de naissance énigmatique.
Je dois vous signaler aussi que j’utiliserais assez souvent le nom de Ghourri pour titrer mes tableaux-paraboles.
J) LA SIGNATURE DE L’ŒUVRE
Dés le début, j’ai choisi de signer mes œuvres par le pseudonyme HAB stylisé ; dont la lettre « A » est dessinée en forme de triangle, avec des points en guise d’yeux et de bouche.
Cela représente à la fois mon autoportrait et la figure d’un hibou.
Je viens à présent d’adopter mon choix concernant la signature de mes futurs tableaux-paraboles.
Elle sera dorénavant en bas à droite, signée dans un premier lieu par un paint marker rouge, noir ou blanc, sur souligner par un tube de cerne relief couleur or ou argent ; Bicolorisme oblige. Je m’accorde donc cette fantaisie de sur souligner en relief mes signatures.
K) LE PSEUDONYME & LA MASCOTTE
a) Le Pseudonyme :
Mon choix reste toujours pour le pseudonyme « Hab le hibou » qui signifie, pour ceux qui ne suivent pas ; hab est composé des initiales de mon nom Hadjoudja, et de mes prénoms : Ahmed-Benyoucef.
Quant au hibou ou le hibou, j’ai adopté cette mascotte dont le nom sonne bien avec le mien, bien avant le début de ma carrière d’artiste.
Je tenais un blog sur mon village natal en cherchant une mascotte et un pseudo j’ai trouvé qu’un hibou nichait dans le grenier chez moi.
Et voilà comment et pourquoi, j’ai adopté ce pseudonyme.
b) La Mascotte :
Sur le coin d’une table au travail, j’ai tracé le premier dessin de ma mascotte le hibou, je l’ai ainsi, tout de suite adopté.
Il s’agit de hab le hibou écrit en vertical et horizontal sur le coin gauche et celui du bas de droite, avec une caricature d’un hibou au centre.
c) La phrase culte :
Après l’adoption du Bicolorisme, je viens de choisir comme phrase culte celle-ci :
« Moi, je cherche à travers ma peinture, a réaliser des combinaisons binaires des couleurs-métaux or et argent, afin d’imprégner mes tableaux et leur donner l’Eternité. »
L) LES EXPOSITIONS & ACCROCHAGES :
Puisque mes tableaux-paraboles ne demandent pas de cimaises pour l’accrochage, j’ai choisi de proposer aux curateurs, galeristes etc., de mettre ceux-ci, soient sur des socles en formes de triangles, soient carrément les étalés par terre au-dessus de tapis et hambels, soient enfin de les présenter adosser aux murs.
Ainsi l’accrochage de mes paraboles reste un problème à résoudre, par les exposants.
M) LA POSITION DE GHOURRI ART :
« L’Art est la magie délivrée du mensonge d’être vrai » T. Adorno
- Au sein de l’Art Algérien :
Le philosophe Allemand Theodor W. Adorno, avait dit a peu près ceci ; que chaque œuvre d’art s’inscrivait contre une autre œuvre d’art.
Ainsi, moi j’ai choisi de m’inscrire, dans ma position au sein de l’Art Algérien, contre d’abord les Néo-Orientalistes, ensuite contre les Aouchem.
Oui contre cela même qui m’ont inspirés, mais ce n’ai pas la guerre, car je prends mon autonomie vis-à-vis d’eux.
- Au sein de l’Art Universel :
Par rapport à l’Art Universel, je me situe dans la peinture dite Abstraite.
Cependant, j’ai fais le choix de ne pas appartenir, ni à la catégorie de l’Art Moderne, ni a celle de l’Art Contemporain, car j’estime à juste titre en arguant les thèses du philosophe Français Tristan Garcia, que je suis libre par rapport a ces deux genres.
Je me situe, moi-même, dans la catégorie nouvelle que j’appel « l’Art de l’Ere Binaire », et qui commence avec l’avènement de l’Internet et du Web ; a savoir dés les débuts des années 1990.
N) LES BALISES DE HAB LE HIBOU
« Il faut savoir quand (un artiste) a fait telle œuvre, pourquoi, comment et dans quelle circonstances » P.Picasso.
J’en viens a présent à la conclusion.
Si j’ai fais toute cette liste de choix, s’est pour baliser mon chemin artistique, vis-à-vis, et de moi-même et surtout de mes amis collectionneurs, galeristes, curators etc. qui trouveront sûrement sur quoi se baser afin de mieux m’apprécier.
Car je ne crois pas au mythe romantique qui donne l’image de l’artiste misérable et révolté qui boude la gloire et l’argent. Certes, il ne faut pas être particulièrement vénal, mais je sais que l’artiste de nos jours, à l’Ere Binaire, est complètement intégré à la société d’aujourd’hui. Ainsi, chacun son époque et la notre est très dure. L’artiste, particulièrement l’autodidacte, doit faire ses propres démarches et se promouvoir tout seul en attendant d’être pris en charge par une galerie.
Enfin, si j’ai écris ces pages, c’est aussi afin de présenter, mes questionnement, mes angoisses et mes choix ; bref, vous présenter le vocabulaire de mon Monde à moi : Ghourri Art !
Fait à Berrouaghia, le 1er mars 2012
Hab le hibou